C’est l’histoire d’un mec qui décide de se faire un tatouage.
Il dessine un personnage en train de réaliser une figure de skate.
Cette figure le hante.
Chaque jour, ou dès qu’il a un peu de temps, il s’entraîne.
Des années passent.
Peut-être qu’il n’y arrivera jamais.
Peut-être qu’un jour cette figure deviendra anecdotique pour lui.
Alors on lui dira : Pourquoi avoir tatoué ou immortalisé le rappel de quelque chose dans un monde où rien ne dure ? Tu devais quand même te douter que ça ne durerait pas !
Pour certains, ce tatouage deviendra le témoin d’une blessure.
Pour d’autres, la mémoire d’un rêve depuis longtemps éteint.
Pourquoi certains osent-ils écrire sur leur peau les moments qui leur paraissent importants ?
Le nom d’un premier amour, par exemple.
Parce qu’ils ignorent que cela ne durera pas ?
Bien sûr que non.
Parce que ça a été important.
Parce que tomber et s’élever font partie de la vie.
Parce qu’il faut parfois accepter de s’élever plus haut, au risque de se faire plus mal en tombant.
De s’élancer à corps perdu. D’avoir le cœur à nu.
Parce que se relever et continuer fait partie de leur conviction.
Ils s’acharnent quand tout leur dit d’abandonner et s’arrêtent quand tout les incite à maintenir un mal connu plutôt que de changer pour un hypothétique bien inconnu.
Mais pourquoi le marquer au fer blanc ?
Peut-être parce que certains sont en accord avec chaque étape de leur vie, aussi éphémère soit-elle.
Parce que tomber pour recommencer ne les effraie pas et que changer pour continuer ne les trouble pas davantage.
Figer, non pas pour s’accrocher au passé, mais pour ne pas oublier quand tout en nous est mouvement et vie.
Photographier, immortaliser dans un monde mouvant et vivant, en soi.
Ou scroller, faire défiler, courir, sans cesse, dans un monde que l’on regarde sans vraiment l’habiter.
Le tatouage n’est ici qu’une métaphore.
Ce texte ne parle pas d’encre, mais de ce qui nous traverse.
Il se tient volontairement
à la lisière qui sépare ce qui nous habite
et ce qui nous abrite.
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